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Manifestations - Rally en Sologne 1997

IIIème FETE DE L'ETANG DU PUITS

Les 13,14 et 15 Juin 1997
Commémoration des deux Premières Fêtes
14 & 14 Aout 1909 - 14 Juillet 1910
 
En 1997:
 
Le Récit de la Grégoire 70-4 de Jean-Michel notre Président
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    Il y a plusieurs mois déjà que j'entends parler de ce projet de notre Amicale d'organiser une "IIIème Fête de l'Etang du Puits". Bien sûr je me rappelle les deux premières, les 14 et 15 août 1909 et le 14 juillet 1910. Rien que d'y penser, c'est toute ma jeunesse qui revient, et les souvenirs de ces journées formidables où j'avais rencontré une bonne centaine de mes soeurs Grégoire qui avaient transporté en ces lieux paradisiaques plus de 300 personnes : le Président du Conseil d'Administration Mr Lamaizière, les directeurs de l'usine ou les pilotes : le Comte Philippe de Marne, Deborde, Bellanger Madame Carteret pilotait un 6 cylindres. Le directeur technique, celui qui nous créait Henri Nénert était là, Edouard Grégoire - le père de Pierre Joseph aussi. Et bien sûr il y avait Jacques Hinstin puisqu'on lui devait l'idée de cette réunion.
    J'ai gardé une lettre de Fernand Durieux qui raconte d'une manière très humoristique cette Fête de l'Etang du Puits (je sais qu'elle a été publiée dans le numéro 4 du Grégoire Journal, nouvelle série). Il parle de Gymkhana, du "Rallye-papier", du kilomètre chronométré, mais aussi du déjeuner champêtre au bord du lac, des joutes à la lance, d'un aéroplane venu là du feu d'artifice le soir, et des "chants sur la grève" avec la "Lyre Argentaise", et aussi du cinéma : déjà en ce temps là on filmait les vedettes et les actualités !
    En 1910 c'était la première fois que je rencontrais des 6 cylindres, toutes nouvelles construites.
 
    En 1995 il y avait eu des bruits à propos de la 3ème Fête. Je n'y croyais pas trop, et puis j'ai senti que ça devenait sérieux quant en août 1995 mon maître est parti avec les membres du Bureau de l'Amicale... pour reconnaître les lieux et commencer à préparer. Ils ne m'ont pas emmenée et ont préféré ma copine la Grégoire 70-2 - probablement parce qu'elle est plus légère à transporter.
    Quand ils sont revenus, j'ai lu qu'on parlait du projet dans le Journal de Gien. Et puis ils y sont retournés avec les adresses de restaurants, d'hôtels, des cartes Michelin, c'était en septembre 1996. Là j'ai commencé à penser que ça devenait sérieux. Le Grégoire Journal en a parlé, les invitations ont été lancées - on a commencé à soigner ma mécanique, celle de la 70-2 celle de la Grégoire Sport que j'avais revue lors d'une sortie à Andrésy elle était toute contente de reprendre la route après son long séjour au Musée de Clère !
    Et en avril ils sont encore allés tout mettre au point et préparer l'itinéraire : avec un beau road-book ce n'était pas bien nécessaire, car les routes je les connaissais bien avant eux.
Et ce 13 juin c'était le départ pour le grand rendez-vous. Moi sur mon plateau derrière le Master Renault de mon patron : c'est le quartier général ambulant de l'organisation, il rend bien service. Mon amie la 70-2 faisait un peu la tête, car son plateau était trop court, mais elle était tirée par l'Oldsmobile de mon écurie: c'était plus agréable pour elle car ça fume moins que le Renault diesel !
    Pour déjeuner on arrivait au Château des Muids. Il date du XVIIIè siècle et depuis 1983 c'est un hôtel-restaurant très agréable. Sur la plaquette programme du Rallye, j'ai lu que nous devions être huit Grégoire, qu'une Louvet et une Unic de notre génération devait nous rejoindre et que deux petites jeunes une Bentley et une Corvette venaient aussi : probablement pour voir ce que l'on savait faire ! C'est beau alors qu'on était cent en 1909 de se rencontrer huit survivantes bien fringantes, quatre vingt huit ans après ! Quelle joie de se retouver depuis si longtemps: surtout la 6 cylindres et la 14/20 Cv venues de Suède : là je remercie leurs propriétaires d'être venus car il y a vraiment longtemps que nous ne nous étions pas rencontrées. Aussi la 14/24 de 1911 est une vieille amie bien vaillante puisqu'ils sont venus par la route comme la 70/2 : ah ces Anglais ! ils roulent ! La 70/2 je l'ai rencontrée plusieurs fois ces derniers temps : à des Paris-Rouen. Comme c'est agréable de se retrouver, de bavarder, et de prendre la route le samedi matin toutes ensmbles.
    Il y avait du nouveau pour moi : ce n'était pas mon maître qui me pilotait, mais son fils: je m'en doutais car il m'avait essayée au cours du dernier Paris Rouen. Je n'ai pas eu à me plaindre de sa conduite, au contraire - et je ne lui ai pas fait de misère - ou presque pas juste un bouton de contact de ma magnéto qui s'est cassé. Il était content car j'ai bien marché, je voulais juste lui faire voir que je ne cavale pas sans émotions comme sa Citroën.
    Samedi matin, jolie route, temps pas trop chaud - c'est bon pour la carburation. Une cinquantaine de kilomètres et fin de la première étape au Château des Stuarts à Aubigny sur Nère. Nous nous reposons toutes dans la cour du Château pendant que nos maîtres et leurs épouses sont reçus fort aimablement par la Municipalité, représentée par Mr François Gresset, maire adjoint à l'économie touristique: discours, vin d'honneur, tout le monde est content et on repart, pour arriver enfin à l'Etang du Puits.
    Ah mes amis ! quelle émotion de revoir ces lieux où on s'était tant amusés au début du siècle. Rien n'a changé : toujours ce magnifique plan d'eau de 175 hectares, bordé de forêts de chênes et de pins. La retenue d'eau fermée par une digue qui sert à alimenter le canal de la Sauldre.
    C'est sur cette digue qu'un parc nous était réservé pendant que nos maîtres déjeunaient à l'Auberge du Lac.
    Nous avons eu un bon moment pour admirer ce paysage reposant et tranquille et échanger nos souvenirs, comme eux pendant le déjeuner : tout a du bien se passer car ils avaient l'air heureux en revenant vers nous. Les participants avaient été honorés de la présence de Jean Claude Poulain et de son épouse - il est le petit fils de Jacques Hinstin qui présida aux destinées des usines Grégoire. Il y avait aussi le responsable de l'Etang et representant de la municipalité de Cerdon.
    Et puis est arrivé le directeur sportif des manifestations qu'organise mon maître. Alors j'ai pensé que pour l'après midi les choses allaient se corser.
    A 14H30, l'horaire était respecté, nous partions par la D765 (je l'ai bien reconnue cette petite route, c'est là où nous avons couru le kilomètre chronomètré en 1909) pour rejoindre l'emplacement où devait se dérouler le gymkhana.
    Bien préparé le gymkhana ! bravo... Le parcours était tracé par des rubans blancs et rouges, il n'y avait pas à se tromper, et le jeu était nouveau pour nous : il fallait faire deux fois de suite le parcours en exactement le même nombre de secondes : c'était "le prix de régularité". Au cours de chaque trajet il fallait renverser les quilles vertes, et surtout pas les quilles rouges. Et à l'arrivée il fallait stoper auprès d'une caisse contenant le magnum de champagne que gagnait celui qui s'était arrêté le plus près : c'était "le prix de précision".
    Monsieur Le Conseiller Général du Loiret avait offert des souvenirs plus particulièrement destinés aux participants venus de l'étranger. Bien naturellement le responsable sportif avait amené les coupes qui récompensèrent les mieux classés:
    Pascal et Chantal, premiers au classement général sur leur Louvet, Hervé et Dominique (avec Claire et Eve) et votre servante, Grégoire de leur Père. Puis c'était Bernard et Irène sur Chevrolet, Michel et Colette sur Unic et ensuite Lars et Adriaa  - qui emportaient aussi le magnum de champagne, prix de la précision - et Keith et Valérie qui recevaient la coupe de régularité du gymkhana deux équipages sur Grégoire.
    Et à juste titre et j'en était bien contente car j'avais profité de ses bons soins, une coupe était remise à un propriétaire d'une 70-2 pour leur dévouement, leur aide aux concurrents en difficulté - et peut être aussi pour mon amie, leur fidèle 70-2 venue par la route depuis Eshez, la pays où ils habitent dans le Surrey !
    De notre parc fermé, sagement rangées devant la façade du Château des Muids nous les avons tous vus revenir, satisfaits et joyeux et aller dans leurs chambres prendre comme nous un repos bien mérité après cette longue journée. Repos fort calme, où avec mes compagnes je dormis bien tranquille me sachant gardée par un vigile aux aguets. Il n'avait pas de chiens : nous aimons bien les chiens, et maintenant eux aussi se sont habitués à nous et ils ne hérissent plus leurs poils comme leurs ancêtres au début du siècle - on devait leur faire peur... En revanche ils ont la sale manie de faire pipi sur nos roues : leurs maîtres devraient leur apprendre que nous n'aimons pas ça.
    Dimanche matin, grasse matinée : les plus matinaux apparaissent vers 8h 1/2, les moins font surface une heure plus tard. Et c'est le départ pour une promenade d'une trentaine de kilomètes par des petites routes comme je les aime, et que j'avais déjà parcourues en 1909 et 1910. Elles n'ont pas tellement changé : pas de poteaux télégraphiques ou téléphoniques, pas d'affreux panneaux publicitaires, mais un parcours sinueux entre des forêts et bois entrecoupés de lacs et d'étangs que l'on devine giboyeux et poissonneux et qui cachent de magnifiques demeures, peut être un peu plus nombreuses qu'il y a quatre vingt dix ans. Combien cette promenade m'a plu et m'a rappelé des souvenirs de jeunesse !
    Naturellement, on faisait étape : précisément à Chaumont sur Tharonne, un site dont les origines sont très anciennes. Les romains l'appellaient "calvus mons" et au moyen âge Chaumont en Sologne était devenu une prévôtée fortifiée. Nous devions stationner sur la place près de l'église pour nous faire admirer des passants - ainsi nous l'avait promis le maire de ce charmant village, et nos maîtres devaient pendant ce temps prendre un "vin d'honneur".
    Mais tout le monde était content et nous nous sommes bien amusées. Comme de juste, après le gymkhana il y avait à boire à la buvette au bord de l'Etang. C'est ça "la France". Tout le monde avait soif et il y avait beaucoup à parler : les commentaires allaient bon train.
    Et à cinq heures - troisième étape de la journée, on revient au Château des Muids, par Cerdon, Isdes, Souvigny en Sologne: le pays d'Eugène Labiche. J'oubliais de raconter que tout au long du parcours du matin et de l'après midi il y avait des photographies à découvrir : ce jeu ne nous concerne pas mais a bien amusé et occupé nos chauffeurs et leurs passagers. A sept heures tout le monde avait rejoint le parc du Château des Muids. Et là, séance photo de famille des participants. Ils allaient dîner à Lamotte Beuvron et étaient tous en grande tenue ! Eux bien sapés et nous bien briquées, cela valait la peine d'être fixés sur la pellicule, tous devant le château !
    Sous prétexte que nos éclairages étaient faibles et désuets, ils ont décidé d'aller dîner avec leurs autos modernes : l'habitude des phares à iode ! ça nous a permis de se reposer, mais à leur retour, la nuit, ils nous ont raconté.
    La soirée se passait à l'Hôtel des Demoiselles Tatin. C'est un établissement très ancien, qui existait déjà au début du siècle, et c'est là que l'une des demoiselles, Stéphanie ou Caroline, inventa sa célèbre tarte : chaude et aux pommes.
    Et justement il y avait une tenue de la Confrérie des Lichonneux de la Tarte Tatin, assemblée dont le but est de faire apprécier de par le monde l'authentique Tarte Tatin, "Lichonneux". signifie celui qui aime, celui qui liche
..
Article paru dans LVA

    C'est une bien sympathique tradition qui est ainsi perpétrée et quelques uns de nos participants ont eu l'honneur d'être intronisés Membres de la Confrèrie : Antoine - il a un faible pour les autos anglaises, Marcel, le pilote de la sport, Keith sujet de sa très gracieuse Majesté et Jan: six cylindres et suédois, il méritait bien cela. Cela était bien sûr une bonne occasion de prendre l'apéritif avant de dîner.
    Il paraît qu'ils ont mangé des asperges cueillies le jour même, c'est une spécialité de la région et de la saison - et puis au dessert ils ont bien sûr apprécié la Tarte Tatin.
    Au dessert c'était aussi la proclamation des résultats et la distribution des prix. Chaque concurrent recevait une très belle plaque de laiton, gravée au souvenir de l'Etang du Puits, et les premiers aux classements avaient en plus un presse papier représentant le sigle Grégoire découpé dans du laiton de 10 milimètres d'épaisseur : je sais que c'est un travail exécuté spécialement par Claude Lesseurre, un ami rouennais de mon maître - et artisan bien habile au bon gôut ! Olivier offrait à chacun son livre "Poissy Cent ans d'Images" et Jean Marie le sien sur "l'Histoire des Grands Mères Automobiles"
à l'Hôtel de la Croix Blanche une des plus anciennes auberges de la Sologne. Le Maire n'a pas tenu ses promesses et nous avons été garées dans les parkings de l'Hôtel; en fait nous y avons été bien plus tranquilles !
    En revanche, le propriétaire de l'Hôtel a fait beaucoup mieux que le vin d'honneur prévu : il avait préparé une dégustation de vins de la région: blancs, rouges et rosés, les Cheverny, les Mesland, les vins d'Oisly, Sassay - et j'en oublie ! C'était une bonne surprise quia été fort appréciée.
    Encore une petite étape d'une quinzaine de kilomètres et l'on rejoint le Château des Muids où le déjeuner près de la piscine attend nos Maîtres.
    Depuis notre parking les effluves du barbecue sont venues jusqu'à nous. Vu la qualité de ces odeurs ils ont du se régaler. On les a aussi entendu au dessert porter des toasts tonitruants dans lesquels notre nom "Grégoire" retentissait bien agréablement!
Et après ce repas, comme tout se termine à un moment donné, c'était la séparation, les au-revoir et heureusement les promesses de se retrouver... une autre fois.

Grégoire Journal Aout 97 N°8

Nous aussi les vaillantes Grégoire nous nous sommes dit "au revoir" espérant bien au fond de nous même que ce ne sera pas dans quatre vingt dix ans que nous nous reverrons mais bien avant, en Sologne ou ailleurs...
 
Car nous aimons bien rouler, et sommes toujours prêtes à le faire.
 
 
 


Date de création : 25/12/2005 @ 21:00
Dernière modification : 25/12/2005 @ 21:07
Catégorie : Manifestations
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